Entrevue #17: Marie, 4 enfants et un job à temps plein.

Entrevue #17: Marie, 4 enfants et un job à temps plein.

J’ai adoré (oui, en bonne professionnelle de la rédaction, j’écris mon introduction à la fin de mon travail sur l’interview) cette entrevue avec Marie.

Un parler franc, pas de langue de bois, un quotidien qui dépote avec 4 enfants et une famille recomposée dont le planning n’a pas l’air triste.

Et un humour un peu pince-sans-rire qui fait mon bonheur!!! Humour que je retrouve bien sur le blog de Marie, Les petits ruisseaux font les grandes rivières, et sur son compte Instagram @prgr_le_blog .

Pour découvrir son univers, place à mon entrevue avec ma nouvelle invitée.

Bonjour, peux-tu te présenter?

Je suis Marie, j’ai 43 ans.

Dans la vraie vie, je suis scientifique et travaille dans la recherche académique. Je suis donc fonctionnaire, et vous bossez toutes pour me payer. Merci.

Il n’est jamais facile de décrire son propre caractère, mais il me semble que malgré une trompeuse apparence de douceur, et une tendance naturelle à fuir le conflit, j’ai un caractère plutôt fort et entier avec une petite tendance dictatoriale (enfin c’est mon mari qui le dit). Malgré cela, je suis quand même plutôt sympa (ça, c’est moi qui le dis).

Travail ou pas travail ?

Je travaille à temps plein. Quand j’étais jeune fille, je m’imaginais en Caroline Ingalls, faisant des tourtes à la pomme toute la journée, cousant des petits vêtements, et courant dans les champs avec mes nombreux enfants.

La dure réalité m’a rapidement fait comprendre que je deviendrais complètement cinglée si j’étais mère au foyer dans un appartement parisien. Je crois que je m’ennuierais beaucoup et que je passerais mon temps à picoler.

A mon avis, être mère au foyer, c’est cool quand on n’a plus que des collégiens et qu’on est libre de ses journées.

Je l’envisagerais éventuellement si j’avais un château, un parc, et du personnel. Et qu’il m’était possible de passer mon temps à bouquiner en grignotant des chips devant la cheminée en hiver, sur ma chaise longue au soleil en été. Autant dire que cela reste du domaine du rêve.

Et présenter ta famille ?

Avec mon mari, nous sommes les heureux parents de 4 enfants dont je ne donne pas les vrais prénoms, ni ne montre les visages sur les réseaux sociaux :

Poupette, ma fille aînée, 14 ans, issue d’une première union, et Loulou, le fils de mon mari, 13 ans. Ensemble, nous avons eu Chaton et Lapin, respectivement presque 6 ans et 4 ans, qui ont cimenté notre famille.

Poupette est une jeune fille sensible, affectueuse, portée à l’analyse et à l’empathie. Elle est très attentionnée, attache beaucoup d’importance aux relations avec ses camarades. De l’avis de mes copines, elle est plutôt mûre pour son âge. Elle a une vraie personnalité et des goûts très différents des miens, que ce soit sur le plan musical ou vestimentaire. Nous sommes les seules femmes de la famille et avons une vraie complicité. Nous parlons beaucoup et je mesure ma chance. Elle rentre au lycée en septembre…

Loulou est un jeune garçon de 13 ans, gentil, très attaché à ses petits frères à qui il consacre beaucoup de temps quand il est là, même si c’est, parfois, pour se castagner avec eux. Il est d’apparence assez secrète et impassible, mais en réalité c’est un grand pudique, très sensible, qui a un vrai sens de la famille. Je le découvre un peu plus chaque année et notre relation évolue. C’est chouette.

Chaton est notre premier enfant commun, il a été accueilli à bras ouverts par tout le monde. Nos enfants étaient fous de joie de cette naissance. C’est un petit garçon très futé et câlin. Il pose plein de questions métaphysiques et pertinentes, passe beaucoup de temps à négocier avec moi sur le nombre de bonbons ou de dessins animés auxquels il aura droit, c’est un diplomate. D’ailleurs, il obtient assez souvent gain de cause, et remercie toujours avec un gentil sourire. Comment ne pas craquer ?

Lapin est un petit bulldozer au grand cœur. C’est un bébé qui est né comme un boulet de canon, sans péridurale (ouille) et qui est toujours un boulet de canon. Son énergie est débordante, son imagination sans limites, et son amour de la chanson, omniprésent. C’est un grand charmeur, il est très drôle et le sait parfaitement. Il fait encore bébé, sans doute par notre faute car c’est notre petit dernier, mais aussi parce que cela lui convient bien d’être dorloté. La sagesse n’est pas sa principale qualité, mais l’humour, si !

Je ne triche donc pas tout à fait quand je dis que je suis mère de 4 enfants : j’en ai mis 3 au monde, et j’en ai reçu un en bonus.

J’allais oublier ! Mon mari. Mon mari est un homme de goût, qui a décelé la perle en moi derrière mes lunettes de soleil. Je ne regrette pas d’avoir signé avec lui. Bien qu’il ait quelques menus défauts, je le garde quand même car la balance bénéfice/risques est largement en sa faveur.

Peux-tu nous parler de ton chez-toi?

Nous habitons un appartement très agréable et lumineux en banlieue parisienne, que nous avons choisi pour sa situation : école, commerces et centre culturel à 50 mètres au plus.

Nous faisons tout à pied dans notre ville. En revanche, nous n’avons pas encore investi dans la décoration. Nous attendons que les petits derniers aient grandi pour parfaire les détails.

Mon mari est très attaché à l’harmonie de notre lieu de vie, il a de grands projets au sujet des rideaux, et des tapis (blancs) en ligne de mire depuis au moins 3 ans, sur lesquels j’ai mis un veto en attendant que les projections de purée et les batailles de coquillettes diminuent en intensité.

De mon côté, je suis assez spartiate : je pourrais vivre avec des meubles de récup. Je n’aime pas les bibelots qui prennent la poussière, je n’ai ni le temps, ni l’argent pour investir dans de beaux objets, et bien que j’admire beaucoup les jolies réalisations de certaines personnes que je suis sur instagram, je suis tout à fait incapable de sortir quelque chose de présentable de mes mains.

En revanche nous avons une très grande bibliothèque pleine de livres pour tous les âges, et pleine de BDs.

Quelques questions sur la gestion du quotidien

Quelles sont tes routines, astuces d’organisation et as-tu des objets indispensables au bon fonctionnement du quotidien ?

Notre famille, outre la garde alternée des deux grands, a comme spécificité que mon mari est absent du dimanche soir au vendredi soir. Je gère donc le quotidien en semaine.

Pendant longtemps, je me suis levée tôt le matin pour avoir le temps de prendre mon café dans le silence avant le réveil des petits, vers 6h. C’était indispensable pour mon équilibre et c’est d’ailleurs ainsi que j’ai trouvé le temps pour commencer à bloguer.

Désormais, l’école se charge de les fatiguer suffisamment pour qu’ils se réveillent à une heure décente. J’ai donc retrouvé un rythme plus classique. Je les lève toujours assez longtemps à l’avance, pour qu’ils aient le temps de commencer la journée calmement, de jouer et de déjeuner.

Dans tous les cas, ils se rendent compte subitement à 8h15 qu’ils ont faim, et généralement ils finissent leurs tartines, mettent leurs chaussures et leurs manteaux dans l’ascenseur (moi aussi).

Nous traversons la rue pour aller à l’école, je repasse chez moi pour ranger rapidement, lancer une lessive, et je pars travailler. Quand elle est avec moi, ma grande va au collège en bus, et ce, depuis la sixième. Notre grand garçon est scolarisé près de chez sa maman. Le soir je récupère les petits à la garderie à 18h30, ce qui nous permet de dîner à une heure raisonnable.

Gestion vie pro/vie perso, astuces pour cloisonner

Cela m’arrive régulièrement de répondre à des mails ou de retravailler un peu à la maison le soir, mais cela ne me dérange pas car mon mari est absent. Et cela me parait normal dans la mesure où j’ai toujours pu m’arranger quand mes enfants étaient malades : c’est un luxe (en même temps, le tarif auquel je suis payée justifie une certaine souplesse).

Objets indispensables au quotidien

Je n’ai aucune constance dans l’utilisation des agendas, qu’ils soient électroniques ou papier. J’ai trop de carnets, je les perds, je trouve les agendas électroniques peu ergonomiques.

Cette année, je tente pour la première fois un pseudo BuJo pas du tout artistique : un carnet A5 Rhodia à petits carreaux. Je colle dedans tous nos plannings annuels (faits sur Excel) et mensuels, sur lesquels je note les rendez-vous.

J’ai tenu deux mois avec un code couleur pour chaque enfant, et ça part déjà à vau-l’eau. Mais au moins, je regroupe en un seul endroit agenda, carnet de note, liste de lectures. C’est bien suffisant pour moi, l’idée de tenir un compte scrupuleux de toute ma vie dedans me met les nerfs en pelote. On verra si mon BuJo va jusqu’au bout de l’année scolaire.

Sinon mon objet indispensable est évidemment mon smartphone qui nous permet le maintien du lien conjugal à distance, et ma carte d’abonnement à la médiathèque, source inépuisable de livres et de films.

Astuces d’organisation, notamment pour les plannings / activités/repas/participation de chacun

Notre organisation est essentiellement liée à nos contraintes professionnelles, et au planning de chacun de nos grands.

Nous faisons donc nos plannings très longtemps à l’avance : en juin, celui de septembre à décembre. En novembre, celui de janvier à août.

Les week-ends de couple, quel enfant sera présent (car nous sommes tantôt 3, 4, 5 ou 6), les dates des vacances, tout est noté.

Cela permet aux grands de savoir longtemps à l’avance chez qui ils seront et quand, aux autres parents de s’organiser, et à nous de nous projeter.

Une fois que c’est fait, nous nous y tenons. Nous avons intégré qu’il nous est parfois impossible d’être toujours tous ensemble pour des réunions familiales, par exemple.

Au début ce planning était source d’un grand stress (car il faut coordonner nos agendas, ceux des ex-conjoints, et éventuellement des nouveaux conjoints des ex-conjoints) puis les années passant, cela se fait de plus en plus facilement. C’est justement l’avantage de faire son planning très à l’avance : il est en général encore vide, personne n’a d’obligation et cela limite les possibilités de crispations.

Répartition des taches à la maison

Concernant la vie familiale, nous sommes dans une répartition assez traditionnelle, liée aussi au fait que nous ne vivons pas ensemble : je gère les rendez-vous médicaux des enfants, et une partie de l’administration. Pour de vrai, je ne suis pas excellente à cette tâche, je ne me mets donc pas de pression excessive. Je gère l’urgent, j’entasse le reste.

Quand nous sommes réunis le week-end, je m’occupe de la cuisine et du linge (sinon on mange vraiment mal et je retrouve tous nos vêtements tortibouchonnés sur l’étendoir – si quelqu’un a un truc qui marche pour éduquer son conjoint à étendre le linge, par pitié, dites-le-moi). J’ai pour principe de ne rien repasser, à l’exception des perles Hama des petits.

Mon mari s’occupe des activités sportives, il aime bien rester sur un banc à regarder ses enfants taper dans des balles. Il range, fait un peu de ménage, achète les fleurs, fait les bouquets et change l’eau, retaille les tiges, répond aux nombreux appels de sa mère, donne les bains aux enfants, prépare l’apéro, fait les devoirs avec Loulou.

Je laisse ma fille faire seule ses devoirs depuis le primaire, elle est autonome, je me contente de quelques vérifications aléatoires. Les petits n’ont pas encore de devoirs (merci Seigneur) et je sens que je vais moins rigoler avec ces deux-là.

Les grands font… heu, ils font… enfin ils mettent à peu près la table, quand on a demandé 5 fois qu’ils le fassent. Non, j’exagère : plus ça va, et plus ils rendent service de bonne grâce. A condition d’être patiente. Et pas pressée.

Gestion des menus et des courses, où trouves-tu des idées ?

Je trouve mon inspiration en contemplant mon frigo assez vide, et mes bocaux de coquillettes, de spaghetti, ou de riz.

Le niveau culinaire n’est pas très élevé chez moi, et je le vis très bien : à votre avis pourquoi est-ce qu’ils mangent à la cantine à midi ? pour avoir un repas équilibré par jour. Le soir, je ne me bats pas pour leur faire manger à tout prix des légumes, je vais au plus rapide et au plus pacifiant.

Pour éviter les tueries du soir, j’essaye de prendre l’habitude de cuisiner à l’avance, même des pâtes, pour qu’ils puissent manger dès que l’on rentre de la garderie, à 18h30. C’est l’assurance d’une soirée plus calme.

Dans ton frigo?

J’ai toujours des choses toutes simples dans mon frigo : de la soupe, des ravioles, des lentilles cuites, des coquillettes ou du riz à réchauffer, une boîte de foie de morue (ça ne fait pas très envie, mais ils adorent), un gratin à passer au four les jours d’excellence. Mon grand succès reste le bouillon (Knorr, j’adore) avec des petites pâtes dedans. Et parfois c’est n’importe quoi, et on mange des chips et de la glace.

J’ai quand même une astuce que je trouve vraiment brillante : parfois je mets des légumes surgelés dans une casserole d’eau sur la cuisinière le matin. Je mets à cuire quand je rentre le soir, et je gagne au moins 20 minutes de décongélation. C’est que chaque minute compte, entre 18h30 et 20h.

Le week-end, je fais un peu plus d’efforts, sans me lancer dans des choses compliquées. J’aime beaucoup manger mais je trouve que le rapport entre le temps passé en cuisine, la quantité de vaisselle sale, et les minutes nécessaires pour engloutir un plat délicieux, n’est pas favorable. Je table donc sur des plats simples qui se font presque tous seuls, comme le bœuf bourguignon, la blanquette, les potées, les œufs au lait.

Schéma familial/principes d’éducation

Était-ce un projet d’avoir une grande famille ?

Oui, toujours, chacun de notre côté. La vie a fait que nous avons dû modérer nos envies, mais si nous avions été plus jeunes, nous aurions bien tenté un (ou deux ? soyons fous !) petit de plus !

Y-a-t –il eu un cap ? Si oui après quel enfant et comment s’est-il fait ressentir ?

Après notre dernier, nous avons su qu’il n’y en aurait pas d’autre, pour des raisons de fatigue principalement.

C’est à regret car on les réussit très bien, mais il faut savoir rester raisonnable et notre famille a atteint un équilibre. Nous avons mis assez longtemps à faire le deuil d’un enfant de plus. Cela dit, s’il y avait une surprise, on prend ! On ne sait jamais, un soir où l’on boirait un coup de trop…

Principes d’éducation primordiaux au départ (avant d’avoir des enfants)

Je me souviens que je me disais « mes enfants se tiendront bien à table, mes enfants seront en joli pyjama et bien peignés, mes enfants ne dormiront jamais dans notre lit, mes enfants ne liront que des livres instructifs et intelligents, mes enfants n’auront pas de téléphone portable avant 18 ans. »

Et puis j’ai eu des enfants.

Principes abandonnés

Sur le plan éducatif, je crois que ce que nous gardons en ligne de mire, c’est d’en faire des adultes responsables, respectueux d’eux-mêmes et des autres.

La notion de consentement est très importante pour nous et nous leur en parlons souvent, aux grands comme aux petits. Je n’ai pas vraiment abandonné de principes, mais je me suis considérablement assouplie. J’étais une jeune mère assez rigide, je pense.

Le fait que j’aie davantage confiance en moi en prenant de l’âge m’a permis de moins m’arquebouter sur mon autorité. Inversement, mon mari qui était carrément laxiste (si chéri, tu étais laxiste) est devenu plus ferme et plus sûr de lui à mon contact.

Principes découverts

J’étais très contre le cododo et tous ces trucs. Je suis devenue très pour, à la naissance de Lapin qui a tiré le combo coliques et reflux. Il passait son temps à hurler, le pauvre, et ne se calmait que tout contre nous.

Plus tard, il s’est réveillé en pleine nuit très régulièrement et se rendormait qu’à notre contact. Par périodes, il arrive encore que l’un ou l’autre des petits nous rejoigne dans notre lit suite à un petit cauchemar. Nous nous sommes donc assis sur le principe « jamais nos enfants ne dormiront dans notre lit », et on y a gagné de précieuses heures de sommeil.

Gestion de crise

As-tu des trucs et astuces pour désamorcer les moments de “crise” à la maison? Pour maintenir l’équilibre dans la fratrie?

Chez nous, le son monte fréquemment. Je me pensais être une mère super compétente et super zen, et puis Lapin est né… décidément, c’est un enfant qui nous aura bousculés.

Et rien de ce qui marchait très bien avec les précédents (verbalisation, proposition, responsabilisation, temporisation, retour au calme, bla bla bla) ne fonctionne avec Lapin. Il s’en balance. Son idée, c’est de faire ce qu’il veut quand il le veut et aussi longtemps qu’il le veut. Par ailleurs, le cocktail des deux petits est explosif.

Ils sont très complices et mettent leur imagination en synergie pour trouver LA bonne idée.

Cela m’amène régulièrement à élever la voix car sinon je me laisse déborder et on me retrouverait morte de crise cardiaque à moitié dévorée par mes enfants affamés (à défaut d’avoir des chats).

Après avoir essayé d’expliquer longuement et gentiment, je reviens à des méthodes plus traditionnelles : je les envoie se calmer dans leur chambre quand cela devient n’importe quoi. Je recours à des sanctions. Pas méchantes bien sûr, mais je supprime le droit au dessin animé du week-end, ou je raccourcis le rituel du soir. Et surprise : ça marche, et quand on en reparle, ils reconnaissent que c’est juste.

J’ai mis du temps à admettre qu’avec certains enfants, les méthodes bienveillantes ne fonctionnent pas car ils ont besoin de limites très claires et ne rentrent pas dans l’explication. Ce qui marche pour un enfant seul, ne marchera pas forcément quand il y a un deuxième enfant. La dynamique d’une fratrie est très différente, il peut y avoir une course à l’échalote de la plus grosse bêtise. En revanche, je crois que cela aide sur le long terme de verbaliser. Mais il ne faut pas forcément en attendre une efficacité immédiate !

Par ailleurs le fait d’être seule en semaine, de ne pas pouvoir passer le relais, fait que je suis obligée de réagir plus fermement, sinon je m’épuise nerveusement.

Au bout d’un moment je refuse de subir certains comportements de mes enfants, et mon principe est que l’adulte, c’est moi, donc que je décide et impose dans certains cas.

Pour maintenir l’équilibre dans la fratrie ?

Notre fratrie est particulière, avec deux grands, et deux petits. Poupette et Loulou ont des relations intermittentes. Selon les périodes, ils s’ignorent complètement ou se parlent.

Chaton et Lapin sont inséparables et se cherchent comme des âmes en peine s’ils sont éloignés plus de 30 minutes, même s’ils se retapent dessus dans la seconde.

J’essaye de les laisser régler leurs conflits seuls, la plupart du temps. Ce qui ne marche pas trop mal, c’est de leur dire « qu’est-ce que vous pouvez proposer comme solution pour être satisfaits tous les deux ? » Cela les occupe un certain temps, jusqu’à ce qu’ils reviennent en disant « on n’a pas trouvé de solution ». J’interviens s’il y a des coups.

Les grands ont une vraie complicité avec les petits, malgré la grande différence d’âge. Cela ne les empêche pas de pester contre eux car ils sont casse-pieds comme tous les petits frères, et viennent retourner leurs chambres.

Politique de la maison vis à vis de l’autorité

La vérité m’oblige à dire que pour le moment, Chaton et Lapin se tiennent à table comme de petits animaux. On pourrait faire rentrer les poules après leur dîner.

Lapin grimpe fréquemment sur la table, Chaton descend de sa chaise environ 10 fois par repas sous divers prétextes. Les grands, en revanche, ont acquis une certaine tenue, reprennent leurs petits frères et s’offusquent quand ils ne disent pas s’il te plaît et merci : preuve que notre éducation sur le long terme n’est pas totalement ratée.

Ils ne veulent pas nous croire quand nous leur racontons à quel point ils gesticulaient eux aussi au même âge. Ils nous soupçonnent d’être de gros mythos.

Nous avons des adolescents gentils et affectueux, qui respectent les consignes que nous leur donnons même s’il leur arrive de râler. Les règles pour eux sont simples : bien travailler en classe, faire preuve d’attention envers les différents membres de la famille, participer quand on le leur demande, ne pas commettre d’imprudence, nous informer d’où et avec qui ils sont, et revenir à l’heure convenue s’ils sortent. S’ils respectent ces principes, ils savent que nous leur laissons une certaine liberté.

Depuis quelque temps déjà, les grands gardent les petits quand nous sortons le soir. Nous leur donnons un petit quelque chose en échange, tout le monde y trouve son compte. C’est le seul service pour lequel ils sont payés.

Du temps pour soi/ questions plus personnelles

Est-ce important pour toi?

Primordial. Je profite de chaque petit moment seule, le matin après avoir posé les enfants à l’école, ou au supermarché (c’est l’instant glamour et cocooning, devant le rayon frais).

Comme mon mari n’est pas là la semaine, je n’ai aucun scrupule à abandonner mes enfants pour dîner avec des amies, environ deux fois par mois (il y a soit Poupette, soit une baby-sitter avec eux, naturellement).

En dehors de cela, je ne fais pas d’activité sportive extérieure. Mais parfois, il m’arrive de faire des abdos-fessiers sur le tapis de mon salon. Ah ! je mens un peu : Pour mon anniversaire, il m’a offert des baskets, un legging et un -shirt de course à pieds. Faut-il y voir un message ? Nous courons donc un peu ensemble le week-end.

Mon temps libre est principalement consacré à la lecture.

Depuis que j’ai récupéré un cerveau en état de fonctionnement, il y a assez peu de temps en fait, je redécouvre le plaisir de lire que j’avais peu à peu délaissé depuis les naissances successives.

Nous n’avons plus la télévision, par choix. Cela me permet des soirées silencieuses, ce qui me fait beaucoup de bien après les hurlements de gorets des enfants.

Mon blog m’occupe aussi pas mal, même si j’ai ralenti le rythme des publications depuis quelque temps.

Comment arrives-tu à prendre du temps en couple? est-ce organisé ou aléatoire?

Nous parvenons à sortir en tête-à-tête environ une fois tous les deux mois, tout près de chez nous pour un dîner ou un cinéma.

Une fois par an, nous participons à une retraite de couple dans un monastère. C’est que dans les monastères, on bouffe sacrément bien (je ne parle pas que de nourriture spirituelle). Et une fois par an, parfois moins, nous prenons un week-end en amoureux dans un hôtel douillet.

C’est mon chéri qui s’occupe de tout, il fait ça très bien. Ma seule participation est de rentrer l’adresse dans le GPS. Tout est toujours organisé plusieurs mois à l’avance chez nous, afin de trouver qui gardera les petits. C’est indispensable car notre temps de couple est très restreint (le week-end uniquement) et nos soirées sont partagées avec nos deux grands.


Marie, un immense merci pour toutes tes réponses et pour ta confiance, nous arrivons au terme de notre interview.

Si vous n’avez pas encore découvert l’interview d’Amandine, je vous invite à la lire par ici. Et si vous souhaitez participer, n’hésitez pas à écrire un commentaire, un mail à l’adresse crazycocotte@yahoo.com ou un message sur Instagram (@crazy_cocotte).

Il vous faudra être disponible en région parisienne pour l’enregistrement du podcast (car oui!! Enfin, ces interviews vont adopter ce nouveau média) .

Enfin (courage, on y arrive!), pour m’aider à faire grandir ce projet, partagez-le et parlez-en autour de vous!!

A très bientôt

P

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